Giselle, Ballet d’A. Adam
Giselle, ballet en deux actes d’Adolphe Adam intégrant un ajout musical du pianiste et compositeur allemand Friedrich Burgmüller, apporte le romantisme sur la scène du Gran Teatro La Fenice de Venise. La chorégraphie d’origine de Giselle a été imaginée par Jean Corrali et Jules Perrot sur la musique d’Adam, le compositeur, critique musical et professeur français. Souvent qualifié de chef-d’œuvre de la tradition du ballet classique, Giselle a été représenté pour la première fois le 28 juin 1841 par le Ballet du Théâtre de l’Académie royale de musique à la salle Le Peletier de Paris. Cette production est basée sur la chorégraphie créée en 1993 par l’artiste russe Elena Tchernikova pour le Ballet national de Vienne, et est désormais considérée comme une œuvre de ballet importante dans le répertoire du Wiener Staatsballet.
Tchernikova a structuré sa version de Giselle de la fin du XXe siècle sur la base de l’original, mais en distillant beaucoup des révisions parfois fondamentales qui y ont été apportées par la suite. Par exemple, sa chorégraphie s’inspire de certains ajouts de Marius Petipa pour le Théâtre impérial russe. En outre, cette mise en scène à La Fenice inclut la musique de Burgmüller pour le célèbre Pas de deux des paysans. Ce passage du ballet, qui ne figure pas dans la partition originale d’Adam, avait été inclus pour la première. Coralli l’a ajouté pour fournir un divertissement d’une grande virtuosité au premier acte, s’appuyant sur une œuvre préexistante du compositeur allemand quand Adam n’était pas en mesure d’écrire de la musique additionnelle pour cette partie du ballet.
L’action de Giselle se déroule en Rhénanie à l’époque médiévale et tourne autour d’une jeune paysanne, le rôle-titre, qui est tombée amoureuse du séduisant Loys. Ce dernier s’appelle toutefois en réalité Albrecht et est un duc qui se fait passer pour un simple villageois. Quand son secret est révélé au grand jour, Giselle meurt le cœur brisé. Au deuxième acte, elle est devenue un esprit fantomatique, l’une de celles que l'on appelle les Wilis, des êtres surnaturels vengeurs qui vivent dans la forêt. Les Wilis sont des femmes disparues, accablées de chagrin et condamnées à faire danser les hommes jusqu’à la mort. Quand Giselle, sous sa forme fantomatique, rencontre Albrecht, elle ne peut lui épargner la vie que si elle le pardonne.
Les spectateurs remarqueront sans aucun doute immédiatement la palette chromatique particulièrement riche de la version de Tchernikova. Comme c’était le cas lorsque sa Giselle a été représentée pour la première fois sur la scène viennoise, les décors et les toiles de fond sont principalement monochromes, faisant largement usage du blanc, du noir et de diverses nuances de gris pour accentuer les costumes éclatants des danseurs de manière à ce qu’ils se détachent spectaculairement de l’arrière-plan. Cela contribue à attirer l’attention des spectateurs sur l’expressivité des mouvements chorégraphiques de Tchernikova, faisant de cette mise en scène à La Fenice de Venise une œuvre aussi remarquable sur le plan visuel que captivante sur le plan dramatique.