Il trovatore, Opéra de G. Verdi
Opéra en quatre actes toujours aussi populaire de Giuseppe Verdi, Le Trouvère (Il Trovatore) éblouit les spectateurs depuis que cette œuvre innovante du grand maestro a été créée le 19 janvier 1853 au Teatro Apollo de la capitale italienne. Cette production de l’un des meilleurs opéras de Verdi au Teatro dell’Opera di Roma amène de nouveau tout le drame et l’intensité de la musique extraordinaire du compositeur sur la scène romaine.
Quand Verdi commence à ébaucher sa partition pour Le Trouvère, il profite du succès de l’un de ses autres chefs-d’œuvre lyriques, Rigoletto. Ce qu’il cherche à tenter avec cette nouvelle œuvre est de se libérer de la forme traditionnelle de l’opéra qui l’a en quelque sorte contraint durant sa carrière. Afin de concrétiser cette ambition, il recrute Salvatore Cammarano en tant que librettiste, une décision aux résultats mitigés. Verdi souhaitait une adaptation d’El Trovador (1836), pièce de théâtre espagnole mélodramatique d’Antonio García Gutiérrez, qui lui aurait permis de s’éloigner des formes lyriques conventionnelles, telles que les cavatines, les duos, les trios, les chœurs et les finales. La pièce de théâtre possède plusieurs trames et des intrigues secondaires. Cammarano, qui s’était fait un nom en écrivant des livrets pour de grands compositeurs comme Gaetano Donizetti, est chargé de relever le défi de produire une action continue pour l’opéra, une intrigue facile à suivre et dans laquelle le public peut s’investir, permettant ainsi à la musique d’explorer les émotions intimes des personnages. Cependant, Cammarano structure finalement en grande partie son livret selon les formes lyriques traditionnelles et, malgré tout, son travail remporte un succès notable.
Il en a résulté une tension créative qui a permis d’explorer les conventions de l’opéra et les innovations dramatiques. Cammarano meurt avant de terminer le livret sur Le Trouvère, qui sera achevé par le poète Leone Emanuele Bardare. Le fruit de ses efforts est un opéra dynamique et intense que Verdi, compositeur alors très demandé, réussit à écrire tout en travaillant sur d’autres commandes. Aujourd’hui, Le Trouvère est considéré, à juste titre, comme une œuvre fondamentale du répertoire lyrique, mais, à l’époque où Verdi le composait, il était une sorte de pari créatif, un opéra musicalement inventif malgré sa structure conventionnelle, ce qui en fait une œuvre importante dans l’évolution du compositeur.
Aussi original que soit Le Trouvère, son intrigue reprend des thèmes familiers de l'opéra, y compris la rivalité politique, une histoire d’amour et la vengeance intergénérationnelle. Au cœur de cette œuvre se trouvent deux personnages dont les destins semblent s’entremêler. L’un est un jeune gitan troubadour dénommé Manrico ; l’autre est une jeune femme de la noblesse, Leonora, qu’il a charmée par ses chansons d’amour. Azucena, la mère de Manrico, a un passé plutôt improbable : elle a tué accidentellement son propre bébé et, après avoir enlevé le fils du vieux comte De Luna afin de venger sa mère que ce dernier a fait brûler sur le bûcher pour soupçon de sorcellerie, elle a élevé cet enfant comme le sien. Les tensions entre Manrico et le comte, également amoureux de Leonora, s’aggravent, ce qui pousse la jeune femme à proposer une offre fatale. Après de nombreux retournements de situation tout au long de l’histoire, la scène finale se déroule dans le cachot du comte, où plusieurs secrets sont enfin révélés.
Cette production du Trouvère au Teatro Costanzi, ou Teatro dell’Opera di Roma, met en lumière tout le talent de Verdi dans l’une des grandes œuvres du répertoire lyrique.